Publié le 11 juin 2020 | Mis à jour le 12 juin 2020

La France livre le spectrophotomètre infrarouge NISP pour la mission spatiale européenne Euclid

Après plus de 10 ans de conception, de fabrication et de tests, le spectrophotomètre proche infrarouge NISP (Near InfraRed SpectroPhotometer) a été livré mardi 19 mai 2020 à l’ESA. Il sera installé au cœur du télescope de la mission d’astrophysique européenne Euclid. L’Institut de Physique des 2 Infinis de Lyon a grandement participé à la caractérisation et à la vérification des performances des détecteurs infrarouges, ainsi qu’aux analyses des performances scientifiques.

Doté de la plus grande caméra infrarouge jamais envoyée dans l’espace, NISP va fournir de précieuses informations pour la recherche de la matière noire et de l’énergie sombre. Ce détecteur est le fruit d’une coopération internationale, coordonnée par la France, incluant l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, le Danemark, la Norvège, et les Etats-Unis.

Comme son nom l’indique, l’instrument possède la particularité de pouvoir fonctionner dans deux modes différents : photométrique et spectroscopique. Spécifiquement élaborée pour répondre aux objectifs scientifiques de la mission, cette combinaison technologique permettra de mesurer très précisément les distances de milliards de galaxies, sondant ainsi une large partie de l’histoire de l’Univers. Avec ces mesures, les scientifiques pourront élaborer des cartes 3D de l’Univers au cours du temps, éléments cruciaux pour comprendre l’évolution de ses grandes structures.

Riche de l’expérience acquise lors des préparations pour la mission SNAP/JDEM, l’équipe de chercheurs et d’ingénieurs de l’IP2I est impliqué dans les développements de la voie infra-rouge du télescope Euclid depuis la naissance du projet en 2011. Elle participe activement aux tests des détecteurs de vol Euclid et apporte son expertise dans la définition de la suite des tests de caractérisation et dans l’interprétation des résultats.
Deux cryostats situés dans les locaux de l’IP2I ont permis d’acquérir les premières données sur les détecteurs de réserve et d’étudier les effets fins présents au niveau des pixels. Cela a permis d’établir les algorithmes utilisés pour la caractérisation des détecteurs de vol ainsi que les méthodes de correction des effets détecteurs adaptés à la réduction des données scientifiques et au suivi du comportement des détecteurs en vol. Grâce aux systèmes d’acquisition et de validation de la qualité des données complétement automatisés développés à l’IP2I, la caractérisation des détecteurs de vol a pu tourner sans intervention pendant plusieurs jours et accumuler une quantité remarquable des données.